
C’est, de l’aveu même de l’auteur, son livre le plus autobiographique. Avec David Copperfield, Charles Dickens signe un roman d’apprentissage à la première personne, qui raconte la vie d’un homme de son enfance à la maturité. Dickens ira jusqu’à affirmer qu’à l’image de tout parent aimant, il avait, au fond de son cœur, un enfant préféré : cet enfant, c’est David Copperfield. Celui qui, dans l’œuvre de l’écrivain, doit gagner sa vie en nettoyant des bouteilles ressemble étrangement à cet autre qui dut travailler à la fabrique de cirage pour nourrir sa famille lorsque son père fut emprisonné. Charles Dickens va jusqu’à s’inspirer de ses propres expériences amoureuses – il aimait profondément Maria Beadnell, mais contrairement à David, il ne l’épousera pas car elle n’était pas de son monde. Le roman préféré de Sigmund Freud, qui fut également le livre de prison de Dostoïevski lorsqu’il était dans les camps de Sibérie, contient tous les thèmes chers à son auteur : l’enfance malheureuse, mais surtout le furieux désir d’échapper aux affres d’un quotidien sombre pour mieux grandir.
