J’enseigne l’anglais depuis plus de 25 ans dans plusieurs pays et auprès de publics très variés, de la maternelle aux niveaux avancés. J’ai également deux enfants (l’un en primaire, l’autre au collège) qui ont grandi en parlant plusieurs langues à la maison et à l’école. Les parents en France me demandent donc souvent à quel point il est important que leurs enfants développent un meilleur accent anglais qu’eux. Lorsqu’ils choisissent des cours d’anglais pour leur enfant, une question revient régulièrement :
« Mon enfant doit il avoir un professeur britannique ? »
Cette inquiétude est compréhensible. Beaucoup de familles espèrent que leur enfant développera un “accent britannique”. Cependant, la réalité de l’anglais aujourd’hui est bien plus globale — et bien plus nuancée. Il est important de comprendre si cet objectif est réaliste, et même s’il est souhaitable.
Au British Council en France, ce qui compte avant tout, ce n’est pas le passeport des enseignants, mais leur formation professionnelle, leur expertise pédagogique, leur expérience et leur capacité à donner confiance aux jeunes apprenants. Tous nos enseignants détiennent des qualifications reconnues internationalement (TEFL, TESOL, TYLEC, CELTA, DELTA) et bénéficient d’un développement professionnel continu tout au long de leur parcours avec nous.
L’anglais : une langue mondiale
L’anglais n’appartient plus à un seul pays. Les recherches du linguiste David Crystal et d’autres spécialistes montrent que la majorité des locuteurs d’anglais dans le monde ne sont pas natifs. Les enfants utiliseront l’anglais pour communiquer avec des personnes en Europe, en Asie, en Afrique et ailleurs. Dans la vie réelle, ils entendront une grande diversité d’accents.
Par exemple, mes propres enfants sont nés au Vietnam et parlent anglais avec leurs cousins vietnamiens, ainsi qu’avec d’autres enfants du monde entier qui apprennent avec des enseignants aux parcours très variés et aux accents multiples.
Il est d’ailleurs important de rappeler qu’il n’existe pas un seul “accent britannique”. Le Royaume Uni regroupe des accents écossais, gallois, nord irlandais, de Liverpool, Manchester, Newcastle, Birmingham, Londres, et bien d’autres encore. Imaginer qu’il existe un modèle unique est irréaliste. Plus important encore, développer de bonnes compétences d’écoute face à la diversité est bien plus utile que d’imiter un accent particulier. L’époque où l’on apprenait le « RP » (Received Pronunciation) ou l’anglais de la Reine est derrière nous : la grande majorité des Britanniques ont un accent façonné par diverses influences.
Une exposition précoce à différents accents renforce les capacités de compréhension. Les études en acquisition des langues montrent que les apprenants exposés à une variété de prononciations deviennent plus flexibles et plus confiants. Ils se concentrent davantage sur le sens que sur la perfection.
Empathie et clarté pédagogique
Les enseignants d’anglais non natifs apportent souvent un avantage précieux : ils ont parcouru le même chemin que leurs élèves. Lorsque je discute avec nos enseignants, ils me racontent leurs propres expériences d’apprentissage lorsqu’ils étaient enfants — des récits riches d’enseignements, qui montrent comment la langue a éveillé leur curiosité et ouvert de nouvelles perspectives.
Ce parcours inspire fortement les jeunes apprenants : voir que leurs enseignants ont appris l’anglais, l’ont maîtrisé, et en ont même fait leur métier, leur transmet un message puissant :
« Si mon professeur a pu le faire, moi aussi je peux réussir. »
Je me souviens encore d’une petite amie espagnole me racontant que, lorsqu’elle était jeune, écouter de la musique britannique et américaine l’avait profondément motivée à apprendre l’anglais, et lui avait apporté énormément de plaisir en grandissant — un exemple parfait de la manière dont une inspiration précoce peut façonner une relation durable avec la langue.
Les enseignants non natifs comprennent aussi parfaitement les difficultés des apprenants, puisqu’ils les ont rencontrées eux mêmes : les subtilités du present perfect, l’ordre des mots, les faux amis… Leur propre expérience leur permet d’expliquer clairement les règles et d’anticiper les difficultés. Les recherches montrent régulièrement que la qualité pédagogique et la formation de l’enseignant sont de meilleurs prédicteurs de réussite que le fait d’être natif ou non.
Beaucoup d’enseignants non natifs sont plurilingues. Ils peuvent établir des parallèles pertinents entre le français et l’anglais, facilitant ainsi la compréhension et réduisant l’anxiété chez les enfants.
L’important : communiquer dans le monde réel
Certains parents disent : « Je veux que mon enfant parle avec un accent britannique. »
Un objectif plus utile serait : « Je veux que mon enfant soit compris partout dans le monde. »
Si votre enfant développait un accent très marqué d’une région spécifique du Royaume Uni, beaucoup d’autres anglophones pourraient avoir du mal à le comprendre. Un accent plus neutre ou international facilite souvent la communication dans un contexte mondial.
Dans les études, les voyages, ou le milieu professionnel, la clarté et la confiance sont bien plus importantes que de ressembler à une région précise. Pour ma part, je suis né près de Manchester mais j’ai vécu dans différentes régions du Royaume Uni avant de m’installer à l’étranger dans la vingtaine : le nord Yorkshire, le sud Yorkshire, le west Yorkshire, le Lancashire, le Grand Manchester… Toutes ces influences ont façonné mon accent, aujourd’hui assez neutre. Si je n’avais été exposé qu’à un seul modèle, mes étudiants auraient probablement plus de mal à me comprendre.
C’est pourquoi il est essentiel que les enfants entendent une variété d’accents au cours de leur apprentissage.
De nombreuses familles remarquent d’ailleurs que les enfants exposés à des équipes enseignantes variées deviennent plus adaptables. Ils sont moins intimidés lorsqu’ils rencontrent des anglophones provenant d’autres pays ou régions. Ils se concentrent davantage sur l’expression de leurs idées que sur l’imitation parfaite d’un accent.
Ce qui fait réellement la différence
Au British Council, nous mettons l’accent sur la formation rigoureuse, la gestion de classe et les approches centrées sur l’enfant. Nos enseignants — qu’ils viennent du Royaume Uni, d’Europe ou d’ailleurs — possèdent des certifications reconnues et sont spécialisés dans l’enseignement aux jeunes apprenants.
Les enfants s’épanouissent lorsque leurs enseignants sont patients, motivants et bien préparés. Ils s’épanouissent lorsque les cours sont structurés et engageants. Ils s’épanouissent lorsqu’ils se sentent compris.
Aujourd’hui, l’anglais est une langue passerelle. En apprenant avec des enseignants compétents issus de divers horizons, les enfants acquièrent plus que de la prononciation :
ils gagnent en flexibilité, en conscience culturelle, et en confiance pour communiquer dans un monde globalisé.
C’est cela, le véritable objectif de l’enseignement de l’anglais.