De Sophie Handy

13 mars 2019 - 13:04

Les mots qui ne sont pas facilement sonorisés s’apprennent à vue. ©

Nicole Honeywill

Si vous aviez l'intention de créer le système d'orthographe le plus compliqué au monde, vous ne pourriez pas mieux faire que l'anglais !

L'orthographe anglaise a été endommagée à jamais au XVe siècle quand elle est devenue notre langue officielle. Les imprimeurs étrangers ayant une connaissance imparfaite de l'anglais créèrent ce délit au début du XVIe siècle et les premiers lexicographes ne tentèrent guère de faire correspondre l'orthographe aux sons qu'ils étaient supposés représenter. Peu de choses ont changé depuis lors.

Nous avons donc hérité de :

  • 26 lettres
  • qui créent 44 phonèmes
  • en 144 combinaisons
  • pour créer environ 500,000 mots
  • 21 lettres consonnes mais 24 consonnes parlées
  • 5 lettres voyelles mais 20 voyelles parlées
  • la voyelle « a » a 10 orthographes différentes

Mais n’ayez crainte ! Sachez qu'au British Council, nous avons quelques astuces pour aider votre enfant selon son âge :

De 5 à 6 ans 

Votre enfant utilisera des compétences phonétiques pour épeler des mots inconnus, ainsi que des mots communs et compliqués. Nous commençons des mini-tests d'orthographe et les pratiquer avec votre enfant à la maison les aideront énormément.

De 6 à 7 ans 

On s'attendra à ce que votre enfant utilise des compétences phoniques ainsi que ses connaissances générales de la composition des mots lorsqu'il lit et écrit des mots inconnus, courants et/ou compliqués. Votre enfant sera désormais capable de reconnaître, de lire et d’épeler à vue les mots les plus communs. Nous envoyons à la maison des orthographes hebdomadaires à apprendre.

De 7 à 9 ans 

Les enfants devront toujours utiliser leurs compétences phonétiques pour s'attaquer à des mots nouveaux ou inconnus, mais ils se familiariseront également avec les règles d'orthographe afin de disposer d'un plus large éventail d'outils à utiliser en cas de blocage.

De 9 à 11 ans 

Votre enfant devrait être capable de lire et d'épeler des mots inconnus et courants en utilisant ce qu'il sait de la phonétique et de la manière dont les mots sont construits.

Il faut aussi s’avoir que l’orthographe anglaise :

  • est un processus de développement
  • est un processus cumulatif
  • prends du temps à développer
  • est actif, pas passif
  • est une compétence visuelle
  • est une compétence auditive
  • est une convention - ce n’est pas arbitraire
  • fait partie du processus d'écrit
  • a besoin d'un renforcement constant
  1. Les mots qui ne sont pas facilement sonorisés s’apprennent à vue.

    Ces mots peuvent être pratiqués à la maison en utilisant des cartes mémoire (flashcards) afin que les enfants puissent s'exercer à les lire facilement et rapidement.

    Les enfants font des erreurs utiles dans leurs tentatives d’orthographe. C’est une partie importante du processus d’apprentissage, parfois appelée orthographe « inventive ». Tant que la supposition a une logique, elle montre que votre enfant apprend à utiliser les règles de l'orthographe. Par exemple s’il épelle « hear » au lieu de « here » cela démontre que votre enfant connaît le son « ear ».

    Les enfants peuvent souvent apprendre une liste de mots, mais oublient ensuite d'appliquer ce qu'ils ont appris dans leurs écrits lorsqu'ils réfléchissent au contenu créatif de leur travail. Il s’agit donc de leur rappeler, mais aussi de donner l’occasion de donner des exemples du mot dans un contexte.

  2. Faible rappel visuel 

    Si votre enfant a un faible rappel visuel, il se peut qu’il ne se souvienne plus à quoi ressemble les mots, s’embrouille quand il les écrit, a une idée des lettres et chaînes de lettres mais choisit les mauvaises. Il faut alors former la mémoire visuelle de l’enfant en prenant une photo mentale du mot, s’entraîner sur la forme et la taille, « faire un essai » (écrire le mot pour voir s’il est correct : vérification orthographique), encourager la relecture avec un partenaire orthographique / détective et utiliser la routine « look-say-cover-write-check » (regarder-dire-couvrir-écrire-vérifier).

  3. Faible analyse auditive 

    Si votre enfant a une faible analyse auditive, il se peut qu’il ne peut pas dire quelle lettre-symbole représente quel son, ne reconnaît pas les similitudes de son, n’entend pas les sons constitutifs d'un mot ou fait des suppositions arbitraires et/ou aléatoires. Il faut alors augmenter l’analyse auditif de l’enfant en soulignant les sons du mot (les « sonner »), dire/répéter le mot, syllabifier (« Wed-nes-day »), nommer les lettres dans l'ordre et/ou utiliser les sons dans des virelangues, des chants et des poèmes.

  4. Les enfants sur-généralisent 

    Ils écrivent « nessessary » comme dans « lesson », « hows » comme « house ». Ils utilisent des combinaisons de lettres qui n'existent pas en anglais, mais qu’ils entendent: « perfikt » pour « perfect », « whrite » pour « write ». Ils ne reconnaissent pas que les mots sont composés de tronçons tels que : préfixes et suffixes (« dis-appear-ence/ance? »), qu’il existe des règles d'orthographe (« make + ing = making »), les syllabes non accentuées (le « schwa ») comme « entud » pour « entered »et  les lettres simple ou double « later / latter ».

    L'interférence est souvent bidirectionnelle. Nous devons donc faire face aux interférences de la langue majoritaire en accroissant la connaissance phonémique et structurelle de la langue anglaise et utiliser des stratégies comparatives. Il faut enseigner aux enfants à faire des analogies, des connexions, chercher les similitudes et les différences, tester des hypothèses, comparer les langues, en déduire les règles, les encourager à parler de langage et à analyser les mots, lier l'orthographe à la lecture et à l'écriture, découvrir l’orthographe par la sémantique et en contexte, encourager l'édition, la correction par soi-même et par les pairs, la relecture et développer les compétences de dictionnaire : ordre alphabétique, trouver des mots avec un groupe particulier de lettres, les mot de base…

  5. Le conseiller 

    Parler à votre enfant de son orthographe avant et après une activité orthographique ou écrite a aussi un effet bénéfique pour construire la confiance en orthographe, développer la confiance dans son propre jugement, lui montrer qu'il peut travailler son propre orthographe, comment apprendre un mot et au final construire une autonomie orthographique. Vous pouvez lui demander : Que penses-tu de ton orthographe ? Laisse-moi te montrer comment apprendre à épeler ; avec quels tronçons du mot as-tu des problèmes ? Comment peux-tu écrire le mot pour t’aider à t’en souvenir ? Comment peux-tu le dire pour t’en souvenir ? Regarde le mot, la forme, les lettres, combinaisons de lettres, la taille…

    Enfin, apprendre l'orthographe ne consiste pas à apprendre de nouveaux mots. Cherchez les erreurs que votre enfant a faites plusieurs fois. Visez cinq à dix mots par semaine. S'ils essaient d'en apprendre trop, ils ne s'en souviendront pas. L'orthographe concerne l'exactitude, pas le nombre total de mots. Il ne s’agit pas que votre enfant apprenne des mots pour qu’il puisse les épeler correctement. Il s’agit de l’apprentissage des mots pour qu’il ne puisse pas les épeler mal. 

Idées de jeux 

Vous pouvez jouer au pendu : un jeu classique et simple mais les enfants adorent ça ! Utilisez les listes de «mots clés» du livre de votre enfant pour commencer.

Utilisez des mnémoniques comme celui de « because » pour aider les enfants à se rappeler l’orthographe des mots multi syllabiques  : 

Big
Elephants 
Can
Always
Understand
Small
Elephants!

Enregistrez votre enfant en épelant chaque mot sur votre smartphone ou votre tablette. Lorsque vous les pratiquez, demandez à votre enfant d’écrire chaque mot d’orthographe, puis de reproduire sa propre voix. C’est incroyable de voir à quel point cela les amuse et les motive.

Spelling Survivor est idéal si vous avez plus d'un enfant - ou si vous voulez jouer vous-même ! Choisissez un mot. La première personne dit la première lettre, la deuxième personne dit la deuxième lettre et ainsi de suite. Si vous dites une fausse lettre, vous êtes « hors jeu ». Le gagnant est la dernière personne encore en jeu : le « survivant ».

Wordsearch : C’est une façon amusante d’amener vos enfants à pratiquer l’orthographe qui ne nécessite pas la mainmise active du parent tout le temps. Générez une recherche de mots en ligne.

Wordmaze : Semblable à wordsearch mais avec un peu plus de variété. Générez un labyrinthe de mots.

Noughts and crosses : Vous connaissez probablement ce jeu sous le nom de morpion. Avant de pouvoir écrire un « X » dans la case, votre enfant doit épeler correctement un mot de sa liste. Bien sûr, cela signifie que vous devez faire la même chose avant de pouvoir placer un « O »!

Spelling bingo : Écrivez des mots dans une grille de six cases et lisez des mots au hasard. Votre enfant doit couvrir ou barrer les mots lorsqu’ils sont lus. Pour rendre les choses plus difficiles, écrivez des mots mal orthographiés dans quelques espaces afin que votre enfant puisse faire la distinction entre les mots correctement orthographiés et les mots incorrects.

Letter blocks : Une excellente activité pour les apprenants ayant une tendance kinesthésique. Idéal aussi pour les apprenants qui ont des problèmes avec les tiges et les queues. Utiliser des blocs avec des lettres dessus. Les assembler le plus vite possible pour en faire un mot. 

Spelling hop : Comme le jeu « la marelle », une autre excellente activité pour les apprenants qui ne tiennent pas en place !  

Biographie de l'auteur

Sophie Handy

Sophie est responsable pédagogique de la Section Bilingue au British Council à Paris. Elle possède un Master 2 en didactique des langues de Paris X Nanterre, un diplôme d’enseignement de l’anglais langue étrangère de Cambridge ainsi qu’un Post Graduate Certificate of Education de St Martin’s College (équivalent agrégation). Elle a enseigné l’anglais ces vingt dernières années aux adultes, enfants et jeunes étudiants au British Council.

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